Accueil du Père Bruno

lundi 10 décembre 2012
par  admin

Bruno Assaline Diatta {JPEG}


Nous sommes heureux d’accueillir dans la paroisse

le Père Bruno Assaline DIATTA, arrivé à Fontenay le 6 décembre 2012.

Originaire du Sud du Sénégal il est en France jusqu’à l’été 2013 pour découvrir notre pays, la Vendée, et la vie de l’Église en France.

Le Père Bruno est religieux de la Congrégation des Missionnaires du Saint-Esprit (spiritain), il réside au presbytère Notre-Dame.

Nous lui souhaitons une heureuse accoutumance parmi nous.


En cette veille de l’Épiphanie (5 janvier 2013), un temps de convivialité rassemble les paroissiens venus à la rencontre du Père Bruno pour faire plus ample connaissance et l’écouter présenter son pays.

Repas partagé de plats typiques locaux et exotiques, confectionnés et apportés par les uns et les autres.


Le Sénégal, vaste pays de 197 000 km2 à l’Ouest de l’Afrique, est bordé par l’océan Atlantique, la Mauritanie au nord et à l’est, le Mali à l’est et la Guinée et la Guinée-Bissau au sud. Le Sénégal est la partie la plus avancée de l’Afrique dans l’Atlantique. Une caractéristique : la Gambie à l’intérieur, "comme un doigt dans la bouche du Sénégal et qui fait très mal". Elle sépare le pays en deux zones et rend très difficile l’accès de l’une à l’autre.

Au Sud de la Gambie, la Casamance, d’où est originaire le Père Bruno, est une zone isolée du reste du Sénégal, au développement difficile dû à la Gambie qui bloque les communications entre le Nord et le Sud.

Le Sénégal acquiert son indépendance en 1960.
Le Sénégal vit de l’agriculture, du commerce, de la pêche, du tourisme. C’est un pays pauvre... une chance... Les pays voisins plus riches (fer, bauxite, or...) ont été déstabilisés par ces richesses.

L’Église du Sénégal a été fondée par les Spiritains (Missionnaires du Saint Esprit), Congrégation religieuse dans laquelle s’est engagé le Père Bruno. Structurée en 6 diocèses l’Église du Sénégal est d’un grand dynamisme et compte beaucoup de jeunes. Dans un pays à 95 % musulman, elle est respectée.

Le Père Bruno a écrit un témoignage personnel, publié dans le Journal du Doyenné, Vivre Ensemble, de janvier 2013, et reproduit ci-dessous :

Deuxième d’une famille de 10 enfants dont 5 filles et 5 garçons, je suis Sénégalais de la région de Ziguinchor plus connue sous le nom de la "Casamance". Mon nom est Bruno Assaline DIATTA. J’ai 37 ans et je suis prêtre missionnaire spiritain. Mon père, contrairement à ma mère n’est pas chrétien, il est resté dans la religion traditionnelle. Il avait toujours souhaité que tous les enfants le suivent dans la religion de nos ancêtres. Car, pour lui, il n’y a pas une autre religion meilleure que celle de nos ancêtres. Or moi, dès le bas âge, j’ai été séduit par la vie des "gens de l’Église’ ; et l’un de mes plus beaux rêves était de devenir un jour chrétien sans savoir à quoi cela engageait.

C’est ainsi, alors que j’étais au primaire dans une école catholique -sans que personne ne l’ait su dans ma famille- j’ai commencé à me cacher pour aller certains dimanches à la messe et à suivre le Catéchuménat à la mission. A la fin de la 3ème année, j’ai été admis à faire le baptême. Venue "l’heure de vérité". Certes, s’il a été évident que je n’avais pratiquement pas de chance que mon père puisse accepter mon choix, toutefois, j’ignorais complètement les graves conséquences que j’aurais eu à subir de mon acte de désobéissance. En effet la réaction de mon père a été d’une rare et violente brutalité. J’ai failli perdre la vie. Depuis lors, j’ai été malgré moi contraint de garder une très grande distance par rapport au monde chrétien, sans jamais renoncer au baptême, car mon cœur était déjà au Christ Jésus.

En 1995, quand je suis allé à l’Université de Dakar, je me suis résolu avec un ferme engagement à devenir chrétien même s’il m’aurait fallu mourir. Vue l’expérience douloureuse que j’avais vécue, j’avais une grande appréhension en moi. Ce n’était le moment de reculer encore moins de m’arrêter. En tout respect, j’ai au préalable informé mon père et sans lui demander son avis, j’ai repris le catéchuménat. Le cheminement a été très pénible, parce que je faisais l’objet de sérieuses menaces. Mais grâce à la prière, j’ai eu la force de résister et de persévérer jusqu’au bout. La Providence aidant, j’ai obtenu dans la même année le baptême en avril et la confirmation en mai 1996. Et 4 mois après j’ai été admis au Postulat des Missionnaires spiritains à Dakar pour commencer ma formation initiale de séminariste. Mon père était très furieux. Sachant qu’il ne pouvait plus m’amener à renoncer au choix de ma nouvelle vie de baptisé, il a convoqué une réunion avec tous mes frères et sœurs au cours de laquelle il m’a obligé -alors que ne l’avais jamais souhaité- à me déterminer entre ma famille et ma foi. Sans vouloir le blesser, puisque je l’aimais beaucoup, je lui ai fait savoir respectueusement que je ne pouvais pas renoncer à ma vie de baptisé. Cette réponse l’avait meurtri, car d’après il venait de perdre l’aîné de ses garçons. C’est ainsi que j’ai été déshérité, donc je n’avais plus aucun droit dans ma famille.

Après avoir risqué mon choix définitif pour le Christ, je me suis retrouvé seul, tout seul. En plus rien n’était sûr d’avance que j’allais réussir ma formation de séminariste pour devenir prêtre. Mais le choix irréversible ayant déjà été fait, je n’avais que la Vierge et le Christ comme Unique soutien et seul secours.

Après le Postulat, j’ai été envoyé au Grand Séminaire International Daniel Brottier à Libreville au Gabon pour la philosophie. Ensuite, je suis entré au Noviciat Spiritain du Cameroun où j’ai fait ma première profession religieuse en septembre 2000. Puis, j’ai été envoyé en stage pastoral et missionnaire en Guinée Conakry avant de retourner au Cameroun pour la dernière étape de ma formation en théologie. Durant mes 9 ans de formation, je priais sans cesse pour ma famille et surtout pour mon père.

Le 9 juillet 2005, j’ai été ordonné prêtre dans mon diocèse d’origine à Ziguinchor dans une très grande joie et l’action de grâce de ce que le Seigneur a fait pour moi et de ce qu’il a réalisé particulièrement ce jour-là dans ma famille. La Merveille, c’est que le jour de mon ordination, à la grande surprise de tout le monde, mon père a fait irruption 15 minutes avant la cérémonie, et après m’avoir serré dans ses bras il m’a accompagné, au rythme des chants de la procession d’entrée, jusqu’à l’autel et là, devant le peuple de Dieu il m’a offert pour toujours au Christ. Le Conseil Général de la Congrégation des Spiritains m’a affecté au Sénégal où j’ai eu la joie de travailler pendant 3 ans d’abord comme vicaire et 4 ans comme curé de la paroisse Notre-Dame du Cap-Vert de Pikine en banlieue de Dakar. Depuis mon ordination, nous vivons dans ma famille réconciliée, une grande unité des Cœurs. Mon père quand à lui, quoiqu’il demeure encore sceptique par rapport à la foi au Christ, paraît être l’homme le plus heureux du village.

Un jour j’avais tout perdu à cause de Jésus. Aujourd’hui il m’a comblé au-delà de mes espérances.

Bruno DIATTA



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