Un seul Dieu & trois religions (28-03-2009)

lundi 30 mars 2009
par  admin

A l’invitation de l’Association Les Amis du Patrimoine religieux de la paroisse St Hilaire de Fontenay, un spectacle spirituel, musical et poétique, samedi 28 mars 2009, présenté par l’association Art, culture et foi, de Nantes.

Voir :
♦ les photos de la soirée
♦ des réactions de spectateurs, dans le blog du curé (n° 438 du 29 mars 2009)
♦ la présentation du spectacle

Des croyants en quête de Dieu se rencontrent, s’interpellent, nous interrogent : mais qui donc est Dieu ?

Au début s’élèvent trois prières : le Qaddish des Juifs, le Notre Père des chrétiens, la Fatihah des musulmans. Chacun s’adresse à Dieu dans sa tradition. Et chacun laisse s’exprimer la tradition des autres. Alors peut commencer un dialogue entre trois croyants que l’histoire sépare mais que l’affirmation du Dieu unique et créateur rassemble.

♦ Nos expressions sont si diverses ! Le juif n’ose pas s’adresser directement à Dieu. Dans le Qaddish, il chante et bénit « le grand Nom », le nom imprononçable. Transcendance.

♦ Le chrétien ose le tutoiement et murmure un nom plus familier : « Notre Père ». Le Très-Haut est devenu le tout-proche.

♦ Le musulman se méfie de cette proximité trop familière, trop… humaine. Dieu est souverain ! En même temps, parce qu’il est toute grandeur, il est toute bonté, toute miséricorde.

♦ Sommes-nous au moins d’accord sur ce point : donner au Dieu unique, créateur de toutes choses, les mots de nos prières, cela nous engage, nous ?

Tous trois se disent enfants d’Abraham mais ils se réfèrent l’un à Moïse et à la Torah, l’autre à Jésus et à l’Évangile, le troisième à Mohamed et au Coran. Néanmoins, quand ils s’adressent au Dieu unique, ils redécouvrent une fraternité première sous les blessures de l’histoire. Et les chrétiens, dont je suis, disent avec saint Paul que le Christ, sur la croix, fait tomber le mur de la haine.

Pendant un peu plus d’une heure, au milieu d’images et de musiques d’Orient et d’Occident, le juif, la chrétienne et le musulman ouvrent à nouveau les livres fondateurs : Torah, Ancien et Nouveau Testaments, Coran. Livres lus, relus et commentés par saint Augustin (5e siècle) ou Blaise Pascal (17e siècle), Djalal-od-Dîn Rûmi ou Ibn Ul-’Arabi (13e siècle), par les Hadith du Prophète (propos transmis par la tradition, 7e siècle) ou telle légende juive du Moyen Âge (12e siècle)…

Devant nous, le juif, la chrétienne et le musulman vont dialoguer, chercher des points d’accord et affirmer leurs différences – et donc leur identité. Ils vont méditer sur la révélation que Dieu fait de lui-même, sur sa recherche d’amitié avec les êtres humains, sur les résistances que ceux-ci lui opposent.

Le juif n’ignore pas le début de l’évangile de Jean et sait que la lettre de saint Jacques (À quoi bon dire qu’on a de la foi, si l’on n’a pas d’actes !) reprend le prophète Ézéchiel. Le musulman continue sur la lancée en puisant dans les Hadith du Prophète. Il connaît même -comme tout le monde ?- la fin de la parabole du Bon samaritain ! La chrétienne et le juif, à deux voix, citent Moïse, les prophètes et les psaumes. Saint Augustin et Pascal prolongent Djalal-od-Dîn Rûmi et Ibn Ul-’Arabi. Mieux que nous sans doute, les écrivains et les artistes montrent que la vérité est toujours insaisissable et qu’elle nous tire en avant.

Utopie que ce dialogue ? Peut-être. Utopie est la terre de nulle part, quête d’harmonie et recherche du bonheur. Par le biais de la fiction, l’utopie critique les évidences et les partis pris. Qu’avec ce dialogue, la foi de chacun plonge dans l’océan de l’amour divin. Que nous en ressortions, étonnés, pour vivre en ce monde-ci, comme les fils et les filles du Dieu UN, seulement reliés par les brins de paille de la fraternité…

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C’est en effet sur le conte des brins de paille, un conte juif, donc universel, que s’achève doucement le spectacle avant une dernière prière : Seigneur, prends pitié de nous-mêmes afin que nous soyons des artisans de paix ! Prière prononcée en novembre 1986 à Assise par les représentants des grandes religions du monde invités par le pape Jean-Paul II. C’était il y a plus de vingt ans. C’était hier.

Gérard Billon



Scénario : Gérard Billon
Metteur en scène : Pierre Lebrun
Comédiens : Sabrina Warnery, Omar Cherrouk, Michel Duchemin
Conception images et musique : René Martin
Régie : Jean-françois Raimbault, Mohammed Diouani


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